Le petit ballon de Charlie (album jeunesse)

31 Oct
Je vous présente aujourd’hui un album jeunesse auto-édité sur le thème des émotions, il est écrit par de Amélie Dieudonné , auteure pour laquelle j’avais eu un coup de cœur lors de la sortie de son roman La chute, cette belle envolée aux Editions L’Harmattan  cf ce billet
 
J’ai beaucoup pensé à cet album ces derniers jours car il me semble être un support idéal en cette période délicate. Lundi les enfants reprendront le chemin de l’école après des vacances particulières, et entendront à nouveau des choses qui peuvent être anxiogènes au sujet des derniers attentats, du reconfinement, du coronavirus ou du nouveau protocole sanitaire. Il nous appartient à nous adultes d’accueillir leurs peurs, leurs émotions, et cet ouvrage sera un excellent préambule pour inviter les enfants à parler et mettre en mots leurs ressentis.
 
 

Présentation :
Charlie adore jouer et lire des histoires.
Il a une grande famille et il aime aussi s’amuser avec ses frères et sœurs. Parfois, comme toutes les petites tortues, Charlie a du chagrin.
Et ce chagrin, il le range dans un petit ballon qu’il a près du cœur avec tous ses autres tracas. Jusqu’à ce que le ballon déborde…
Petite histoire à propos des émotions et de la nécessité de les exprimer et de les écouter.

C’est un titre parfait comme je vous le disais en introduction pour inviter les petits à ne pas garder enfouies au fond d’eux leurs émotions, à les mettre en mots, se les approprier pour éviter qu’elles ne débordent brusquement .
Pour vous parler davantage de ce titre, je vous propose une petit interview de son autrice avec qui j’ai échangé par mail.

Interview :

– Bonjour Amélie, pouvez-vous nous en dire plus sur l’origine de ce projet ?

Je suis psychologue et thérapeute pour enfants et une grande partie de mon travail a tourné autour de la petite enfance et a consisté à leur parler, les écouter. Je suis touchée par le nombre d’enfants qui n’osent pas s’exprimer de peur de déranger leurs parents, leur entourage. Très vite, ils intègrent les codes sociétaux qui donnent peu de place aux émotions. Comme si c’était un signe de faiblesse, de vulnérabilité. Or, si l’enfant ne « décharge » pas, il ne pourra pas avoir d’énergie pour autre chose. Toute sa concentration sera utilisée dans la tentative de refoulement et il ne sera pas « libre » pour s’investir dans une activité ou des apprentissages. L’écoute et la verbalisation sont donc des outils qui permettent à l’enfant ce travail « d’élimination » et de reprise de confiance.
Bref, cela a toujours fait partie de mon métier et de ma vie de réfléchir à la façon de parler aux enfants et d’aborder avec eux des sujets avec lesquels les adultes ont parfois du mal.
Tout cela germait donc en moi et j’aime dessine et bricoler puis j’avais déjà écrit un roman et finalement un jour ça a fait tilt. Ce livre rassemble tout ça.

 

BBB’ Mum : Vous êtes psychologue, avez-vous utilisé ce titre dans une médiation avec les enfants ? Comment l’ont-ils accueilli ?

Amélie Dieudonné : En ce moment-même je n’ai pas de pratique avec des enfants donc je ne l’ai pas utilisé moi-même dans un cadre professionnel mais j’ai eu des retours de collègues psychologues, éducateurs, ou même parents qui l’ont lu à des enfants et, de façon générale, cela leur parle très fort. Les enfants s’identifient rapidement à la petite tortue et à ce qu’elle vit. Ils questionnent les adultes sur ce que vit la tortue ou se mettent à raconter qu’eux aussi parfois il leur arrive des histoires qu’ils rangent dans un ballon pour oublier le chagrin.
C’est un livre qui s’adapte à tous les enfants et cela résonne en eux à des endroits différents selon leur âge ou leur histoire.
Une éducatrice m’a transmis un témoignage très touchant d’un petit garçon qui disait qu’il se sentait comme Charlie, que son ballon était encore plus gros et qu’il avait envie d’écrire ses secrets pour sortir la colère du ballon.
Je pense aussi que c’est un livre qui permet aux adultes d’aborder des sujets parfois plus compliqués, il sert de tiers et c’est rassurant d’avoir ce média à travers lequel passer.


– Charlie est une petite tortue, sa carapace lui est bien utile pour enfouir ses émotions, ce choix de héros s’est-il imposé à vous ?

Oui, c’est venu un peu naturellement. Je n’ai pas trop réfléchi mais l’image du petit Charlie qui enfuit ses émotions était tellement forte dans ma tête que je pense que c’était évident que la tortue le représenterait au mieux. Je crois que j’ai pensé à l’escargot aussi… Bref ces animaux qui peuvent se retirer de l’extérieur, comme les enfants (et les adultes d’ailleurs) le font quand ils refoulent ce qu’ils vivent émotionnellement. Ça nous arrive tous les jours, d’être énervés, tristes, mais de continuer « à faire comme si de rien était » parce qu’il faut assurer au boulot, ne pas craquer devant les autres, etc. Ces croyances sont fort ancrées mais ne pas exprimer ses émotions ne les fait pas disparaitre pour autant. Elles continuent de vivre, de sommeiller, jusqu’à ce que finalement cela sorte… parfois mal, pour « rien », de façon « démesurée » ou sous forme de symptôme du coup.


– Est-il plus facile d’écrire pour les enfants comme avec ce titre que pour les adultes avec « La chute cette belle envolée » ?

La démarche est tout à fait différente. Je ne crois pas que ce soit plus facile parce que le choix des mots est important lorsqu’on s’adresse aux enfants. Parfois on ne s’imagine pas tout ce qu’ils peuvent faire comme liens ou comprendre « entre les lignes ». Donc c’est important de prendre le temps de réfléchir au message à transmettre et à la meilleure formulation possible. Il y une forme de « responsabilité » différente que pour un livre adressé aux adultes.


– Pouvez-vous nous en dire plus sur le choix des illustrations ? Pourquoi ce choix du collage, et ce choix de personnages crayonnés en noir et blanc évoluant dans un univers en couleur et très boisé ?

Pour être honnête, au départ l’idée est venue du fait que je ne sais pas dessiner ! Je me débrouille pour faire quelques dessins qui tiennent la route mais je n’avais pas les compétences pour illustrer l’ensemble du décor. Et finalement, je n’ai pas essayé de m’améliorer parce que j’ai eu cette idée de mettre en scène les personnages dans ce décor en bois et je pense qu’elle est intéressante parce qu’elle permet un grand espace de « projections ». Le fait que les personnages soient sobres permet plus facilement aux enfants de s’identifier. Certains enfants ont parfois envie de les colorier, de leur rajouter des accessoires pour qu’ils leur ressemblent. Et du coup, cela les renvoie à eux et leur rapport à leurs émotions.


– Comment se procurer ce titre ?
On peut le commander sur internet  (ICI ). Je cherchais à publier de façon éthique et « Le Livre en papier » travaille en Belgique, sur du papier recyclé, etc  et cela m’a parlé.

 

Merci à Amélie Dieudonné
♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

 

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